Recourir à la conversion d'une vidéo en minimisant les pertes de qualité, exige une bonne connaissance du fonctionnement.

En guise de préambule, voici une petite histoire.
Pierre possède un jardin avec quelques arbres fruitiers dont un mirabellier abondamment garni de mirabelles. Pierre remplit un panier et décide de concocter une recette de confiture qu'il détient de sa grand-mère. La cuisson achevée,  Pierre teste le résultat. Parfait, elle est goûteuse à souhait, il ne reste plus qu'à la transvaser dans des bocaux.
À ce propos, qu'est-ce qui a été converti, le panier, les prunes ?

Revenons à la vidéo. Pierre vient de tourner des séquences vidéos. Il souhaite ensuite faire un montage, or le format n'est pas accepté par son logiciel, d'où l'idée d'une conversion.

apply f2 Que contient un rush ?

Un rush est la prise de vues d'une séquence audio/vidéo du point de démarrage de cet enregistrement jusqu'à l'arrêt. Lors de l'enregistrement, les images sont encodées selon un processus qui varie en fonction du format géré par l'appareil. Le processus d'encodage est une suite d’opérations complexes qui consiste à compresser et codifier les données vidéo et audio (flux audio et flux vidéo) grâce à un dispositif  normalisé (voir codec). Après encodage, les flux audio/vidéo sont encapsulés dans un fichier conteneur (voir formats) afin de pouvoir les stocker, les transmettre, les lire. Le conteneur est en quelque sorte le panier de Pierre.

apply f2 Qu'est-ce qu'une conversion ?

● Avant de parler conversion, il es fondamental de bien distinguer les notions : conteneur, format vidéo et codec.
conteneur : fichier dans lequel sont stockés des flux audio et vidéo (AVI, MKV, MXF, etc)
format vidéo : norme de compression (Mpeg4-AVC, Mpeg2 ...)
codec : dispositif qui met en œuvre l'encodage et le décodage (X264, DivX ...)
 
● Ce que l'on appelle communément conversion est en réalité un transcodage. Le flux initial est décodé puis ré-encodé. L'exécution des opérations est assurée par un codec. Ces opérations consistent : soit à modifier les caractéristiques d'un format (par exemple Mpeg4 1080p > Mpeg4 720p), soit à changer de format (par exemple : Mpeg4 > Mpeg2). Après transcodage, le nouveau flux vidéo est encapsulé dans le conteneur de votre choix.
Un fichier conteneur ne se convertit pas (il ne peut subir un ré-encodage)
Lorsque Pierre a fait sa confiture, a-t-il par magie transformé le panier en bocaux ?
 
 Les codecs se divisent en deux catégories :
  1. compression spatiale  : prédiction intra-image (sans perte) ProRes, DnxHD, DVCPro ... Ces codecs, dédiés à la postproduction, rationalisent le montage.
  2. compression temporelle : prédiction inter-image (avec perte). Cette catégorie, prévue pour une destination finale (diffusion) est confrontée lors du montage à divers risques d'erreurs, en particulier avec les applications d'effets (les GOP posent dans un montage le problème de précision de calcul, un GOP peut contenir des erreurs de prédictions).
Le décodage sert à décompresser et interpréter les données à lire.
 
 Comment lire une vidéo ? En premier lieu il faut un matériel disposant du codec approprié. L'accès aux format vidéo et audio nécessite l'ouverture du fichier conteneur, cependant, il peut arriver que le lecteur (ou logiciel) gère les formats vidéo/audio de votre vidéo mais ne reconnaisse pas le fichier conteneur. Ce n'est pas toujours le fichier lui-même qui n'est pas reconnu, mais parfois son intitulé (extension). Il suffit en ce cas de renommer l’extension du fichier, par exemple  .mov > .mp4
La modification intervient uniquement sur l'intitulé de l'extension. Les métadonnées de la vidéo restent inchangées. Vous pouvez sans risque tenter l'expérience.
 
   MediaInfo01  MediaInfo02

apply f2 Quand convertir ?

 Est-il judicieux d'effectuer une conversion avant le montage ?
Oui et non.
La réponse dépend de la catégorie du codec : compression spatiale ou compression temporelle
OUI : pour un montage de qualité, mieux vaut transcoder un format avec compression temporelle vers un format avec compression spatiale (transcodage optimisé). Or cette solution exige un matériel approprié et présente l'inconvénient d'alourdir considérablement le fichier. (FinalCut Pro propose directement la conversion vers ProRes).
NON : avant un montage, il est fortement déconseillé de transcoder un format avec compression temporelle vers un format de même catégorie : transcodage destructif. Celui-ci génère systématiquement une perte de qualité plus ou moins acceptable. La perte de qualité est liée à divers facteurs : spécificité du décodage, ajustement des paramètres d'encodage, matériel utilisé (les performances limitées de nombreux encodeurs ne  permettent pas d'obtenir un résultat optimal), contenu de la vidéo (intensité des mouvements). Le non initié opte généralement pour un encodage dont les paramètres sont préréglés, lesquels sont calculés le plus souvent sur des bases inférieures aux normes, donc avec réduction de la qualité.

Si votre logiciel de montage ne gère pas le format vidéo que vous utilisez, optez pour un logiciel compatible.
La règle d'or en vidéo est de toujours utiliser un matériel compatible à la vidéo (ressources PC, logiciel de montage, lecteur vidéo, écran de visualisation). Ne commettez pas l'erreur de vouloir adapter vos vidéos à votre matériel. La réussite d'un ouvrage repose en premier lieu sur le choix des outils.

Il peut arriver, pour les besoins d'un montage, d'avoir recours à des vidéos d'un même format mais dont la fréquence d'images est différente (par exemple 25i/s et 29,97i/s). Il est préférable en ce cas de convertir l'une des 2 séries (25i/s > 29,97i/s) : vous éviterez des risques d'erreurs lors de l'exportation (images saccadées, sauts d'images ...)
 
Certes, les logiciels grand public acceptent d'insérer dans un même projet divers formats (codecs). Cette solution amplifie les risques d'erreurs des calculs lors de l'exportation (erreurs de prédictions), d'où l’importance de bien comprendre le fonctionnement d'un codec.
 
Lors de l'exportation, votre choix est déterminant par rapport à la qualité finale :
- vers Internet : les contraintes d'hébergement obligent à réduire la taille du fichier donc perte de qualité.
- vers disque optique : - HD > Blu-ray ou DVD AVCHD : peu ou pas de perte de qualité selon les performances de l'encodeur
                                          - HD > DVD (Mpeg4 > Mpeg2) solution à bannir : perte importante de qualité
- vers clé USB, carte mémoire, DD : maintien de la qualité initiale si l'on respecte les caractéristiques du fichier source

Rappel : les vidéos issues d'Internet ne sont pas conçues pour subir de nouveaux transcodages.

Attention aux conseils des gougnafiers qui préconisent à tort et à travers des conversions ou qui prétendent convertir des fichiers conteneurs.

 
apply f2 Quel matériel pour convertir ?
 
 Le choix des encodeurs/convertisseurs gratuits ou à acheter est vaste. Or, la plupart ont des performances médiocres dont le seul avantage est la simplicité d'utilisation. Chaque cas de conversion est un cas particulier, cela signifie qu'il faut paramétrer divers facteurs en fonction du fichier source. De ce fait, les programmes dont les paramètres sont prédéfinis, ne permettent pas d'obtenir un résultat optimal. Parmi la longue liste des gratuits, rares sont ceux qui méritent une bonne note  :  MediaCoder, Super, XMedia Recode.
 
 Dans des logiciels de montage vidéo grand public, l'encodeur utilisé, pour des raisons de coût, priorise la procédure d'encodage avec le CPU : priorité vitesse au détriment de la qualité. La procédure avec GPU (CUDA, OPEN CL) donne une meilleure qualité.

 À ÉVITER : Des fabricants peu scrupuleux diffusent sans vergogne des publicités trompeuses en annonçant convertir des fichiers conteneurs  : "et peut facilement convertir MTS en AVI, MOV, MP4, MPG (MPEG), WMV, MKV". Leurs arguments de vente vous bercent d'illusions.

apply f2 Conclusion

Vous voilà maintenant converti(e) en vidéaste avisé(e) : vous saurez quand et comment effectuer un transcodage en minimisant au mieux les pertes.

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